L'½il au plafond, les bras sanglant ; l'insomnie de chaque soir me veille,
Le couteau rouge sur les draps suintant, je contemple mes membres vermeils.
Des pensées noires vagabondent, mon esprit las se laisse faire,
Des visions fluides rouges sombres dans ma rétine dansent de verre.
Mes yeux se ferment un court instant, je les sens fuir un ancien songe,
Un souvenir toujours présent, réminiscences, je m'y plonge.
Quelques sanglots brûlent ma gorge, puis disparaissent sans sortir,
Je me souviens d'un moment fort, mes lèvres pleurent d'un sourire...
Je n'essaye plus de t'oublier, je sais cet acte impossible ;
Je sais ne pas le désirer, je ne regrette pas ta rencontre.
Cette amitié du mal sera pour moi irréversible,
Je pense à toi souvent, même si je n'en fais pas montre.
Nous savions bien que cela marcherait ainsi,
Que nos ressemblances diverses nous éloigneraient.
Que l'on soit morts ou vifs, cela demeure inscrit,
Notre caractère proche nous unit mais nous tait.
Je comprends tes humeurs, je ne t'en veux ni à moi,
J'éprouve aussi ce besoin de solitude destructrice,
Mais je dois bien l'avouer, tu me manques parfois,
Pourtant je n'oserais dévier notre chemin du vice.
Je ne changerai pas comme tu as pu le souhaiter,
Ma nature se précise au fil du temps qui passe.
Je ne te rappelle pas mes rêves meurtriers,
Je sais que tu comprends ce que le sang prend comme place.
Je n'écris pas ces vers dans l'attente d'un geste,
Je voulais simplement clarifier certaines choses :
Préciser qu'avec toi, j'ai voulu être honnête,
Ne doute donc pas de mes vers ou ma prose.
Je me demande parfois qui mourra le premier,
J'espère que ce sera moi, n'abandonne pas ton rêve.
J'aimerais pouvoir un jour te voir chez un libraire,
Je ne souhaite pas apprendre de ta mort la nouvelle.
Tu as compté pour moi, et tu compteras encore,
Je ne sais pas pourquoi je tiens tant à le dire.
Je n'veux simplement pas que tu te trompes à tort,
En pensant que peut-être j'ai pu te mentir.
Je ne compte pas renouer comme avant nos liens,
Même si je pense au fond ne pas te dire Adieu.
Le temps fera le reste, je ne m'attends à rien,
Mais tant qu'on sera en vie, l'aurevoir est silencieux.